F-Eduens (Bibracte)

Le rite des têtes coupées.

Resized_20221106_115619 20221029_184558 Monnaie d’argent des Eduens au nom de « DVBNOREIX »

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Dessin montrant l’ensemble de l’iconographie de la monnaie par Eugène Hucher

Dans sa Géographie, Strabon rapportait que les Celtes se livraient à de redoutables pratiques… Un rite impressionnant était en effet de trancher la tête des vaincus à la fin des batailles! L’historien raconte ainsi qu’au retour du combat, ils attachaient les têtes de leurs ennemis à l’encolure de leurs chevaux pour, une fois rentrés chez eux, les enclouer devant leurs porte, à l’entrée de bâtiments publics, ou des maisons. Des représentations gravées ou sculptées de ce rituel des têtes coupées se retrouvent dans tout l’art celte de l’Age du Fer. D’après Poseidonios d’Apamée, qui a voyagé dans l’arrière-pays Marseillais au I er siècle avant JC., nous savons également que les Gaulois avaient pour habitude de couper la tête aux ennemis morts sur le champ de bataille.

L’archéologie corrobore ces données: Tout commence avec la mise jour en 1817 de trois blocs de calcaire sculptés en bas-relief, sur l’oppidum d’Entremont à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) représentant des têtes empilées et coupées, ainsi qu’une tête avec une main apposée dessus. Les premiers vestiges crâniens sont également issus des contextes archéologiques provençaux, en particulier sur le site de Roquepertuse à Velaux (Bouches-du-Rhône).  Le site de Ribemont-sur-Ancre, cette fois beaucoup plus au Nord puisque dans la Somme, a livré dès 1982 une quantité de restes humains. Plusieurs ossuaires ont été trouvés à l’intérieur d’un enclos et un charnier, situé cette fois à l’extérieur de l’enclos, était composé d’au moins 114 individus, tous sans tête et accompagnés de leurs armes parfois encore en position, comme les fourreaux d’épée attachés à la ceinture. L’existence de traces de coups, de blessures observées sur les os et la présence de très nombreuses armes portant des traces d’usure et des détériorations volontaires confirment la nature guerrière du lieu.

Plus récemment, sur le site du Cailar, dans le Gard, plus de cinquante crânes humains détachés de leur corps, des centaines d’objets métalliques, en majorité des pièces d’armement et des monnaies en argent, ont été découverts ces dernières années. Il offre aux archéologues un ensemble exceptionnel qui documente la pratique gauloise des «têtes coupées» et des dépôts d’armes au IIIe siècle avant J.-C.

Les conclusions des études actuelles montrent que l’acte de couper une tête concerne l’ensemble du territoire gaulois…voire de l’ère Celtique. La dimension guerrière de la pratique évoquée par les sources historiques est attestée par les découvertes réalisées dans les sanctuaires picards. Déterminer si l’on a affaire à une décapitation pour obtenir un crâne trophée ou à un crâne relique relève toujours de l’hypothèse.  Les cas très diversifiés des attentions portées à la tête humaine oscille donc entre la pratique guerrière et l’obtention de reliques par le biais des manipulations des dépouilles après la bataille. Notre monnaie atteste bien le coté guerrier de la décapitation. Le chef Eduen Dumnorix, contemporain de Jules César, si tant est que ce soit lui sur le revers de ma monnaie, est accompagné d’objet en rapport direct avec la guerre, le carnyx, le sanglier enseigne ainsi que l’épée longue accrochée à sa ceinture (visible au niveau du bassin).

En 58 avant J.-C., les Éduens firent appel à César pour les protéger contre l’invasion suève d’Arioviste qui menaçait leur territoire puis de nouveau pour contenir la poussée helvète. Si le vergobret Liscus, magistrat principal des Éduens, resta fidèle à l’alliance romaine, une partie de l’oligarchie éduenne rallia le camp gaulois avec Dumnorix et Divitiacos. Les Éduens restèrent fidèles à l’alliance romaine pendant la Guerre bien que César ait estimé à trente cinq mille hommes les Éduens qui participèrent à la coalition gauloise. César ne leur en tint pas rigueur et ils reçurent directement la citoyenneté parce qu’ils étaient considérés comme « frères consanguins des Romains ».

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