F-Celto-ligures

Rencontre entre deux cultures

Un banal petit bronze marseillais aux aspects très gaulois.

Beaucoup de petits bronzes au taureau sont classés sous l’appellation « bronze au taureau de Marseille » et tous sont, depuis Latour (fin 19e s), classés dans la catégorie des monnaies gauloises. Pourtant, bien peu d’entre eux peuvent y aspirer. Il faut montrer patte blanche et présenter des caractéristiques  proprement gauloises pour y figurer!!. Les petits bronzes au taureau, pour la plupart, ont été frappés dans la cité grecque de Massalia entre la seconde moitié du II e s et la premier moitié du I e s avant JC. Leurs traits sont purement grecs tant à l’avers pour le portrait que dans la représentation du taureau, représenté à l’arrêt ou chargeant.

La monnaie présentée est une imitation par un peuple proche de la cité Phocéenne, peut être les Salyens (?). Les traits du visage d’Apollon sont très intéressants et rappellent les profils des monnaies plus nordistes. La sculpture mettra en regard le portrait d’Apollon sur un bronze grec de Marseille et le profil d’Apollon sur le petit bronze gaulois.

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A droite, le portrait grec d’Apollon, et à gauche, le portrait gaulois, avec ses globules pour le bout du nez, les lèvres, son œil, sa coiffure stylisée… Comme dans de nombreuses zones colonisées par les Grecs (ici les Phocéens), les relations avec les populations locales ne se sont pas réduites à de simples échanges commerciaux. Les relations permettent également pour les populations celto-ligures (Salyens) de progresser  dans les techniques de production (agraires, céramiques, hydrauliques) mais aussi de créer des supports d’échanges comme la monnaie ou l’écriture.

Monnaie de référence:

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La monnaie devient pour les populations indigènes le signe et le moyen d’affirmer leur indépendance. Le monnayage de bronze est imité par les populations celto-ligures dès le 3e  siècle avant JC, en fait en même temps que le prototype. Les émissions se font plus nombreuses au deuxième siècle avec ces bronze au taureau. Au premier siècle, malgré la conquête romaine, les communautés indigènes ont gardé le droit de frapper monnaie et le foisonnement des monnayages qui en découle témoigne probablement de l’affaiblissement au moins politique de Marseille. 

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